vendredi 13 janvier 2012

Sucre


Sucre est la plus ancienne mais aussi la plus belle ville du pays, classée au patrimoine mondial. Maisons blanches, rues pavées, églises à tous les coins de rues, marchés colorés…. Une ville pleine de charme.
On y a passé 5 jours, le temps de visiter quelques musées, églises et couvents, d’admirer la vue en haut du couvent San Felipe sur les toits de la ville, d’envoyer des cartons entiers de souvenirs en France, de se faire de bons restos (on vous recommande le Florin et son camembert au miel!) et de rencontrer un bon groupe de français, belges et québécois avec qui on a passé une soirée mémorable (Junior, pas besoin de paris à PES pour raser des têtes !). 



mercredi 11 janvier 2012

La mine de Potosi

 Arrêt express de 24h à Potosi pour visiter la mine. Celle-ci est la plus vieille du pays, en activité depuis 1545 ! On y exploite de l’argent et du zinc essentiellement. Nous avons fait la visite le dimanche, lorsque les mineurs sont au repos, mais celle-ci peut se faire n’importe quand, ce qui est encore plus déroutant. Avant cela, petit détail, il faut signer une décharge annonçant les innombrables risques et réfutant toute responsabilité de la compagnie.

La visite commence par un habillage en règle : pantalon, veste, bottes et casque, et rien en dessous parce qu’il va faire très chaud une fois à l’intérieur. La température monte jusqu’à 45 degrés !
Une fois notre accoutrement revêtu (comme dirait notre guide, on a l’air de faux mineurs !), on s’arrête dans un mini magasin acheter des cadeaux aux mineurs : cigarettes tabac-coca, gants, jus de fruit, coca, alcool à 96° (à boire !), bâtons de dynamite…. Nous sommes 4 touristes, plus notre guide Daniel qui travaille à la mine toute la semaine et fais les visites organisées le WE. Chez lui, on est mineur de générations et générations.

La visite commence quelques km plus loin à l’entrée de la mine. Des baraquements en pierre bordent la voie ferrée, ils servent aux mineurs à se changer avant d’aller travailler, le sol est boueux et jonché de déchets et vieux vêtements.

On entre donc dans la mine en suivant les rails. Au début l’air est frais, très vite on n’y voit plus rien et on patauge dans la boue. Après quelques centaines de mètres et une première bifurcation, le chemin se rétrécit, le plafond se fait plus bas, la température monte et l’air commence à manquer et à être saturé de poussière. Le guide nous explique qu’il y a près de 125km de galeries, que c’est un vrai labyrinthe et que l’année dernière des touristes se sont perdus et ont été retrouvés au bout de 24h.  C’est est trop pour moi et je fais demi-tour sans plus attendre. Il faut savoir que la visite dure 1h30, et je ne me sens pas capable d’aller au bout ! C’est donc Laurent qui va finir la visite et le récit pendant que je rejoins l’air libre.


Si on oublie tout le reste, le coté spéléo, pour qui n’est pas clostro, est plutôt rigolo.
Mais oublier le reste est impossible.
Il fait chaud, très chaud, les plafonds sont horriblement bas, les soutènements pourris, et de temps en temps du sable puis quelques pierres débaroulent de façon inquiétante…
Respirer poussière, amiante, arsenic, casser et charrier de la caillasse comme un força en courbant l’échine sous un plafond instable et une température infernale n’a rien à voir avec de la spéléo.
Les mineurs, les plus vaillants et les mieux payés gagnent  550€ par mois, soit une misère.
Et quand le guide parle de la chance de gagner beaucoup d’argent en découvrant et en exploitant une bonne veine, ce que la plupart ne connaîtra jamais, cela ne rapportera que 1200€  mensuel seulement pendant quelques mois…
Tout ça pour mourir  à 45 ans de la silicose ou ensevelit dans la mine.

Qui plus est, même en Bolivie, si une ‘’telle’’ somme permet d’améliorer grandement le quotidien, cela ne laisse pas forcément la chance à la génération suivante de se sortir de la mine.
Ici tout mineur descend d’un grand-père mineur, d’un père mineur, a un oncle mineur, un beau frère mineur…

Les accidents de travail sont légions, l’année passée 35 mineurs y sont restés.
Si les mineurs peuvent se nourrir de la mine, la grignotant chaque jour plus profondément en se rapprochant de l’enfer,  la mine se nourrit des mineurs et les avale impitoyablement.  
Même si on peut admirer la force de ces gens ainsi que leur solidarité et leur abnégation, ce genre d’endroit ne devrait pas exister.

Le plus triste pour le peuple bolivien, c’est que n’ayant pas les moyens de raffiner leur minerai au-delà de 50%, ils envoient tout cela au Chili pour traitement, perdant ainsi une grande partie de la valorisation du produit. Et ayant perdu, lors de la guerre du Pacifique (fin 19ème),  la bande côtière qui leur aurait permis une exploitation directe, ils sont obligés de passer par leurs chers voisins, le Chili et le Pérou…



lundi 9 janvier 2012

Tupiza



Après notre inoubliable mais crevant séjour dans le Salar, nous avions pour idée de partir nous reposer à Tupiza, 300km plus au sud.
Pour changer du bus, pas terrible en Bolivie, nous avons opté pour le train, ce qui n s’est pas révélé très judicieux non plus.
Départ à 3h du mat, le trajet devait durer 5h30 (ce qui est déjà beaucoup pour 300km), mais on a finalement mis 10h, vu que le train est tombé en panne au beau milieu de nulle part, qu’il a fallu attendre quelqu’un pour le réparer, et qu’on est reparti à la vitesse de 30km/h. Deux espagnols nous ont racontés que la semaine avant, leur train avait carrément déraillé.  Les transports boliviens sont épuisants et on n’est pas au bout de nos peines.

A Tupiza, à part se reposer, on en a profité pour faire (encore) une balade à cheval. Bien moins cher qu’en Argentine ou au Chili, et surtout avec la possibilité de faire tout ce que l’on veut. Certes un circuit à suivre pour voir les indispensables de la région, mais personne pour vous dire « fais pas ci, ne vas pas là, reste sur la route, ne galope pas »…
Notre guide de 17 ans, Brian, pas bavard pour un sous, nous a laissé nous promener à notre guise.
On a donc pu profiter à fond de ces paysages de western, trotter au milieu des canyons, aiguilles, pics rocheux et cactus.